Le pouvoir des personnes déraisonnables, de John Elkington et Pamela Hartigan

Titre original : « The Power of Unreasonable People ».
Pas de traduction française.
15 novembre 2012
562 mots – Temps de lecture : 2 à 3 minutes
Mots clés : Entrepreneurs sociaux


Dans ce livre, écrit avec Pamela Hartigan, l’accent est mis sur les entrepreneurs sociaux, une nouvelle catégorie d’entrepreneur qui s’est fortement développée ces dix dernières années.

Le livre commence par une citation de George Bernard Shaw : “Un homme raisonnable s’adapte au monde tandis qu’un homme déraisonnable s’obstine à faire en sorte que le monde s’adapte à lui. Par conséquent le progrès dépend de l’homme déraisonnable”.

Les entrepreneurs sociaux sont présentés par les auteurs comme déraisonnables dans le sens positif du terme. Ils constituent une nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux et environnementaux qui ont souvent une experience en entreprise mais qui sont motivés par la protection de l’environnement et la recherche de davantage de justice sociale. Ambitieux, ils cherchent à créer des modèles d’entreprise (business models) qui induisent un profond changement social. Ce qui leur importe, ce n’est plus seulement de “conclure un marché” (“make the deal”) mais d’atteindre leur idéal (“achieve their ideal”).

Les organisations qu’ils créent peuvent être de trois types :

– Purement caritatives. Elles sont souvent qualifiées d’organismes non lucratifs, bien que les auteurs suggèrent de les renommer “organisations de profit social” (social profit organizations). Leurs “clients” (beneficiaries) ne paient souvent rien ou presque, et leurs revenus viennent principalement de dons et subventions.

– Hybrides. Les biens et les services qu’elles proposent sont destinés aux populations exclues par les marchés classiques mais qui peuvent encore en payer une partie. Elles tirent leurs revenus d’une combinaison de ventes, et de dons et subventions.

– “Social business”. Ces entreprises fonctionnent entièrement grâce à des revenus commerciaux mais elles sont concentrées sur des missions sociales dont le but est un changement social et/ou environnemental.

Les auteurs donnent beaucoup d’exemples pour chacune de ces catégories.

Bien que ces organisations fassent de rapides progrès, il apparaît que les entrepreneurs sociaux ont besoin d’être plus pertinents dans l’identification, l’évaluation et la tarification de la valeur sociale et environnementale qu’ils créent. Beaucoup d’études sont actuellement menées autour du concept de «retour social sur investissement » (Social Return on Investment).

Ce travail est essentiel, surtout pour les deux derniers types d’organisations, afin de trouver des financements adaptés et de maximiser leur impact.

En effet, les approches des entrepreneurs sociaux sont difficiles à accorder avec les modèles d’investissement existants. Les fondations et les gouvernements ne soutiennent pas les entreprises sociales qui fonctionnent sur un mode commercial, ce qui exclue un nombre significatif d’entrepreneurs sociaux et environnementaux.

Le livre présente des modes de financement qui sont en train de se développer de façon prometteuse :

– Une tarification différente selon les moyens financiers des bénéficiaires, comme le fait Aravind (une entreprise de soins occulaires en Inde)

– La création de partenariats et de joint ventures (JV) avec de grandes entreprises (comme Grameen avec Danone, Adidas et de nombreuses entreprises)

– Le recours à des sociétés de capital-risque, traditionnellement plus orientés vers les secteurs de haute technologie. Les sociétés de « capital risque social » (social venture capital) se développent en ce moment.

Les entrepreneurs sociaux doivent donc faire preuve de beaucoup de créativité, d’autant qu’aucun cadre légal clair n’existe dans la plupart des pays.

Dans la dernière partie du livre, Elkington and Hartigan identifient de nombreuses besoins auxquels les entrepreneurs sociaux ont commencé à répondre. Mais il en reste beaucoup et de nouveaux entrepreneurs sociaux sont bienvenus.